Revue de presse
Une révélation : la jeune soprano Tamara Bounazou.
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Incandescente et douloureuse, l'Iphigénie de Tamara Bounazou est une ravageuse houle d'énergie, dont le chant bouleverse par sa sauvagerie presque enfantine. Le timbre brillant, incrusté d'éclats métalliques, la chanteuse déploie une ligne projetée et soutenue, passant avec aisance du paroxysme furieux à une infinie douceur. Considérée a priori comme une découverte, la soprano franco-algérienne est une révélation.
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Le texte est surtout savouré par l'interprète du rôle-titre, Tamara Bounazou, Iphigénie qui ne cherche pas la compassion : une révoltée plutôt, à la voix de rayon laser et à la diction ciselée, dont la rage éclate avec une discipline de grande tragédienne classique.
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Mais Tamara Bounazou, dans une prise de rôle virtuose, dépeint à la fois la suprême arrogance de la princesse et son trouble face à la sincérité radicale du nain.
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Le rôle-titre révèle Tamara Bounazou, Iphigénie aux accents déchirants dont la couleur vocale, immédiatement identifiable, n'est pas sans rappeler le bronze nocturne de Jessye Norman. L'ambitus, nourri jusque dans le bas du registre, l'articulation exemplaire, le jeu intense (Ô Malheureuse Iphigénie couchée sur le dos) intronisent la lauréate de l'édition 2025/2026 de la Promotion Génération Opéra en interprète d'exception.
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Tamara Bounazou, une tragédienne est née. La jeune soprano impose sa puissance théâtrale et musicale stupéfiante. Dotée d'un timbre affirmé qu'elle ne cherche pas à enjoliver et d'une diction exemplaire qui mord dans le texte ou, dès qu'il le faut, le laisse couler comme une eau vive, la chanteuse plie sa voix aux exigences d'une tessiture qui semble ne jamais la mettre en difficulté, du grave à l'aigu. Du plus doux au plus éclatant, elle campe une femme traquée par la fatalité mais résolue à la combattre, tantôt sauvage, tantôt adoucie, côtoyant une cruauté qui lui fait horreur et aspirant à une tendresse qu'elle croit hors de portée.
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Quand on parle de Bounazou, ce n'est guère exagérer que de faire l'éloge sans réserve d'une soprano qui, avec une subtilité si scrupuleuse, une vigueur gracieuse et une beauté riche, a manié les lignes tortueuses de Stravinsky et ses contrastes dynamiques ardus avec tant de dignité. […] Bounazou est une technicienne du plus haut niveau, car chaque passage rythmique, contour mélodique difficile et moment a cappella a été traité avec précision mais jamais au détriment du phrasé. L'esprit de Sutherland a été transmis ce soir-là et je ne l'oublierai jamais.
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Iphigénie en Tauride

Les Noces de Figaro











